Franciscan Custody of the Holy Land - 06/03/2000 info: custodia@netvision.net.il
Le Mont Nébo

Un des sommets des Monts de Moab qui domine la Mer Morte est célèbre. Il s'agit du Mont Nébo dont l'altitude est de 808 mètres. Limité au nord par le wadi ‘Ayun Musa et au sud par le wadi el-Afrit, le Mont Nébo offre un panorama splendide qui correspond aux descriptions de la terre promise faite par les explorateurs envoyés par Moïse. Trois cimes pointent vers le ciel: le Gebel en Nebo (808 m); le Pisga biblique, aujourd’hui Ras Siyaga (710 m) et le Kirbet el-Mukkayat (790 m).

Lorsqu’Israël entra dans le royaume des Amorites, il vint "de Nahaliel à Bamot; de Bamot à la vallée dans les champs de Moab, au sommet du Pisga, qui domine le désert "(Nb 21,20-21). C’est sur la cime de Pisga que le roi Balaq de Moab conduisit le prophète Balaam pour qu’il maudisse Israël (Nb 23,14-30). Mais Balaam bénit le peuple. C’est de là que Moïse contempla la terre promise avant de mourir (Dt 34,1-5). Nb 32, 3 rappelle que les fils de Gad et de Ruben demandèrent à Moïse la ville de Nébo, à cause de leurs nombreux troupeaux. Après l’avoir obtenue, ils la rebâtirent avec les autres villes. Mesha (9e s. avant J.-C.) fit inscrire sur sa stèle: "Chamosh me dit: Enlève Nébo aux Israélites. J’y suis allé la nuit et j’ai combattu contre eux depuis l’aube du jour jusqu’à midi; je l’ai prise et je les ai mis à mort tous, 7000 hommes". A l’époque d’Isaïe (15,2) la ville était toujours aux mains des Moabites.

Selon 2 M 2,4-11 Jérémie aurait caché l’arche de l’alliance au Mont Nébo avant la destruction du Temple. Cette tradition est cependant contredite par d’autres textes qui localisent la cachette de l’arche à Jérusalem même.

Les byzantins y construisirent un sanctuaire pour commémorer Moïse. La pèlerine espagnole Egérie le visita. Les fouilles furent entreprises par le P. Saller du Studium Franciscanum de Jérusalem en 1933. En 1960 le P. Corbo commença les grandes restaurations et en 1976 les PP. Piccirillo et Alliata continuèrent les fouilles.

Le Mémorial de Moïse

Les fouilles du Père Saller commencées en 1933 et poursuivies jusqu’en 1937 permirent de mettre au jour le Mémorial de Moïse entouré d’un monastère. La construction du sanctuaire remonte au IVe siècle. La forme de l’église est celle d’un massif quadrangulaire à l’extérieur et d’un trèfle à l’intérieur de l’abside. Des chapelles latérales et un narthex furent ajoutés.

Dans la seconde moitié du VIe siècle les moines agrandirent leur sanctuaire et le prolongèrent pour obtenir une basilique à trois nefs, à laquelle l’édifice tréflé servait maintenant de presbyterium. La nouvelle basilique fut décorée de pavements de mosaïques. Au VIIe siècle le monastère s’enrichit de nouveaux locaux.

En 1976 les travaux de restauration du P. Piccirillo amenèrent à la découverte, à un mètre plus profond, de l’antique baptistère et de la mosaïque qui le décorait. Le panneau central est décoré de scènes de chasse et de scènes pastorales. L’inscription dédicatoire porte les noms des mosaïstes Soelos, Kaium et Elie et la date 530.

La chapelle de la Theotokos

Au début du VIIe siècle, alors que Leontios était évêque de Madaba, on ferma la porte occidentale du baptistère et on démolit trois salles du monastère. Sur la zone comblée au niveau de la basilique on construisit la chapelle de la Theotokos. Une abside séparée de la nef par un chancel la caractérisait. Les mosaïques décorent le pavement: deux gazelles entourent deux touffes de fleurs et deux taureaux se font face autour d’un autel. Le psaume 51 donne l’interprétation de la scène: "On offrira des taureaux sur ton autel". Une inscription dédicatoire fut ajoutée en haut du panneau central.

Kirbet Mukkayat

Egérie trouva déjà une église de petites proportions sur ce sommet. C’est de la porte de l’édifice qu’on lui expliqua la vision de Moïse. Là aussi, lui dit-on, se trouvait la sépulture du législateur. Un autre pèlerin, Pierre l’Ibère, raconte qu’un berger du bourg du Nébo pénétrant dans une grotte y vit un vénérable vieillard entouré d’une lumière éblouissante. Il le prit pour Moïse et y amena d’autres chrétiens. Mais on ne trouva plus rien.

En 1901 les ruines avaient été identifiées avec la ville de Nébo, célèbre par la stèle du roi Mesha. En 1913 des mosaïques furent découvertes par hasard dans l’église de Lot et de Procope. En 1935 l’endroit devint propriété de la Custodie de Terre sainte. Des fouilles entreprises permirent de déblayer trois petites églises pavées de mosaïques: celle de St Georges, la chapelle du prêtre Jean et celle des martyrs Lot et Procope. En 1985 l’enlèvement de la mosaïque de la chapelle du prêtre Jean eut pour résultat la découverte d’une mosaïque inférieure du Ve siècle.

L’église St Georges, située sur le point le plus haut de l’acropole, fait partie d’un monastère. Au moment des fouilles le pavement en mosaïque et les bases des quatre colonnettes de l’autel étaient encore in situ. Le choeur était décoré d’un panneau de mosaïques à composition géométrique, d’oiseaux affrontés au pied de l’autel et d’un agneau au pied de l’arbre. En entrant par la cour nord, où se trouvait l’accès principal, on découvrait un panneau rectangulaire avec des rinceaux de vigne fermé par un bandeau de tresses. Les médaillons étaient décorés de deux paons entourant un arbre qui sortait d’une coupe ansée. Un vendangeur du nom: Jean, fils d’Ammon est visible. Sur le côté oriental un lion regarde un zébu. Le pavement de la sacristie méridionale est décoré de deux cerfs et de deux colombes entourant un palmier. La mention du nom du bienfaiteur Saolas est répétée en grec, puis en araméen et en christo-palestinien.

L’église Sts Lot et Procope

Elle avait une abside et deux sacristies. Sur le côté sud une porte la reliait à des pièces réservées au clergé. Sur la mosaïque, deux oiseaux entourent l’autel. La zone devant l’autel est décorée d’un panneau rectangulaire, encadré d’une tresse, où deux moutons entourent un arbre. La nef centrale est décorée d’un tapis divisé en deux panneaux. Le premier panneau représente dans des rinceaux des scènes pastorales, des scènes de chasse et de vendange. La partie supérieure représente un berger avec son chien et son troupeau et un garçon tuant un ours. Suivent des scènes de vendange et de chasse.

Le deuxième panneau représente quatre arbres entre lesquels apparaissent des couples d’animaux. Le nom de la bienfaitrice est lisible: Epiphania. Un panneau de l’entre-colonnes représente une église flanquée de tours entre deux scènes de pêche.

La chapelle du prêtre Jean

Au temps de l’évêque Jean cette église fut rajoutée au mur septentrional de l’église d’Amos et de Casiseos. L’unique salle à abside fut décorée d’un pavement de mosaïque. Les carrés placés au centre de chacun des côtés représentent le portrait d’un bienfaiteur. Il ne subsiste que celui d’un bienfaiteur et celui d’un ecclésiastique. La partie orientale du tapis contient l’inscription dédicatoire et une deuxième inscription insérée dans un motif funéraire: un typan à conque est soutenu par quatre colonnes qui encadrent l’inscription donnant les noms des bienfaiteurs. Comme motifs secondaires on découvre sur les côtés deux paons; sur le typan deux coqs; entre les colonnes des chandeliers et des motifs végétaux. Des scènes pastorales décorent l’espace restant. A noter la représentation de la Terre symbolisée par une femme richement vêtue, offrant des fruits de diverses sortes dans un drap tendu des deux mains. De part et d’autres deux jeunes gens offrent des paniers remplis de fruits.

Les sources de Moïse

Les campagnes de 1984-1986 permirent de découvrir l’église de Kaianos ainsi que celle du Diacre Thomas. Les fouilles du monastère de ‘Ayn Kanisah, limitées au secteur septentrional des ruines, le secteur le plus élevé, ont permis de découvrir les pièces du monastère se développant au nord et au sud de la chapelle située au centre d’une cour pavée de mosaïques à l’ouest, ainsi qu’un niveau plus bas où se trouve une citerne pour recueillir les eaux.



Created / Updated Monday, March 06, 2000 at 11:46:25