© franciscan cyberspot


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LA GROTTE DE LA NATIVITE

  
1. Les sources littéraires

Les récits évangéliques de la naissance de Jésus sont extrêmement brefs. Matthieu n’en parle qu’incidemment: « Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem » (2,1). Luc n’apporte pas beaucoup plus d’éléments: « Joseph, lui aussi, quittant la ville de Nazareth en Galilée, monta en Judée, à la ville de David, appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la lignée de David, afin de s’y faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte » (2, 4-5); Luc donne ensuite (2,7) le seul détail qui serve à situer le lieu de la Nativité: « Elle mit au monde son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie. »

Il n’est pas possible de savoir exactement si la grotte était une des innombrables cavités naturelles des environs de Bethléem, ou une caverne aménagée en étable dans une auberge. Quoi qu’il en fût, la tradition qui remonte à la première moitié du IIe siècle est explicite: il s’agit d’une grotte-étable. Telle est l’explication de saint Justin Martyr dans son Dialogue avec Tryphon (155-160): « Comme Joseph ne put trouver du logement dans ce village, il occupa une grotte toute proche du village. Tandis qu’ils étaient là, Marie donna le jour au Christ et le coucha dans la crèche [...]. »

Le traité d’Origène Contre Celse présente vers 248 comme une chose certaine la vénération attachée à la grotte: « A propos de la naissance de Jésus à Bethléem si, après la prophétie de Michée et l’histoire écrite dans les Evangiles par les disciples de Jésus, quelqu’un désire d’autres preuves, qu’il sache que, conformément à ce que l’Evangile raconte sur sa naissance, on montre à Bethléem la grotte où il est né et, dans la grotte, la mangeoire où il fut enveloppé de langes. Ce qu’on montre est si connu en ces lieux que même les personnes étrangères à notre foi savent que, dans cette grotte, est né le Jésus adoré et admire par les chrétiens. »

Eusèbe laisse entendre que la grotte se trouve sous l’église de Constantin, mais Ethérie précise bien que dans l’église de Bethléem « se trouve la grotte où est né le Seigneur ».

Une lettre de saint Jérôme à saint Paulin de Nola (395) confirme la profanation du lieu saint par Hadrien: « Le bois de Tammouz, c’est-à-dire d’Adonis, ombrageait alors notre Bethléem [...] et, dans la grotte où a vagi autrefois le Christ enfant, on pleurait l’amant de Venus." S. Jérôme décrit cette grotte comme "un petit trou dans la terre » (386; Lettre à Marcelle), proche d’autres grottes, d’où l’on entendait les fidèles prier dans celle de la Nativité (PL, 23, 411 - Contre Jean de Jérusalem).

L’homélie de saint Jérôme Sur la Nativité fait allusion à des changements (ELS, 102): « Oh, s’il m’était permis de voir cette crèche où le Seigneur a été couché ! A présent, comme pour rendre hommage au Christ, nous avons enlevé la crèche de boue [luteum] et en avons placé une d’argent. Mais elle m’est plus précieuse, celle qui a été enlevée. Les païens méritent l’argent et l’or: la foi chrétienne mérite cette crèche de boue [...]. Mais j’admire le Seigneur qui, tout en étant le créateur du monde, naît dans la boue, et non parmi l’or et l’argent. » Les savants ont discuté sur le sens véritable du mot « luteum »: indique-t-il une crèche d’argile et de paille, ou bien une « chose pauvre », comme la pierre? La seconde interprétation semble d’autant plus logique qu’à la fin du passage, l’auteur écrit que le Seigneur est né « in luto », dans la boue, c’est-à-dire dans la pauvreté, sur la pierre nue. Depuis le XIIe siècle, la basilique romaine Sainte-Marie-Majeure conserve des restes de la Crèche.
Il n’existait initialement qu’un escalier d’accès. Une ancienne marche retrouvée sur place témoigne que cet escalier descendait de l’extrémité orientale de la nef centrale; il se composait de deux volées: d’abord, nord-sud; ensuite, ouest-est. L’Anonyme de Plaisance, qui a encore vu la grotte ornée d’or et d’argent, décrit l’ouverture comme « très étroite » (570; ELS, 108).

Trois siècles plus tard, Bernard le Moine est témoin du changement (vers 870; ELS, 116,2). « Bethléem possède une très grande église en l’honneur de sainte Marie. Au milieu de l’église, sous une pierre, se trouve une crypte. L’entrée est au sud, la sortie à l’est. On montre dans cette crypte, à l’ouest, la crèche du Seigneur. Mais le lieu où le Seigneur a vagi est à l’est; il y a là un autel où l’on célèbre la messe. » (Au lieu de « la sortie à l’est », il faut vraisemblablement lire: « la sortie au nord ».)

Il faudrait conclure de ces informations que les deux escaliers, qui existent toujours, ont été construits entre 570 et 870. Il semble plus probable que cette transformation, faite pour faciliter les allées et venues des fidèles et des visiteurs durant la liturgie, remonte à l’époque des travaux de Justinien. Pour quelque raison, l’Anonyme de Plaisance n’a vu qu’une entrée, ou a les deux entrées dans l’expression « ouverture de la grotte ».

D’après une information de saint Jérôme, confirmée par la Description arménienne (VIIe siècle; ELS, 111), la grotte possédait un autel; mais Willibald semble aussi faire allusion à un autel portatif (723-726; ELS, 114) « Au-dessus de la grotte s’élève maintenant une église. Un autel est dressé sur l’endroit où le Seigneur est né. Il y a un autre autel plus petit, que ceux qui veulent célébrer la messe à l’intérieur de la grotte, amènent pour la cérémonie, et qu’ils reportent ensuite. »

Daniel (1106-1107) et Théodoric (1172) ne parlent que d’un autel. Il était fait d’une plaque de marbre soutenue par quatre colonnettes. Jacques de Vérone y ajoute un motif, probablement bien antérieur: une étoile sculptée dans le marbre (1335; ELS, 141,2): « Sous un autel très sacré de la grotte se trouve une étoile de marbre- c’est l’endroit où la Vierge Marie a enfanté son fils Jésus-Christ; là s’arrêta l’étoile qui apparut aux mages, lorsqu’ils sont venus de l’Orient l’adorer. »

A la fin du VIe siècle, c’est-à-dire après la construction de la basilique de Justinien, les deux souvenirs évangéliques, celui de la naissance et celui de la déposition dans la crèche, reçoivent dans les sources littéraires des localisations différentes. C’est en fait au VIe-VIIe siècle que la petite abside a dû être creusée dans la roche au-dessus du lieu de la Nativité. Arculfe distingue bien les deux endroits (670; ELS, 110,2): « A l’extrémité orientale de cette ville, il y a une grotte à moitié environ naturelle, dont la partie la plus reculée est appelée la crèche du Seigneur; c’est là que la mère a déposé son enfant nouveau-né. Un lieu voisin de cette crèche, et plus proche de ceux qui entrent, passe pour celui de la naissance même du Seigneur. » Le même pèlerin confirme que les parois de la grotte et les murs de la basilique avaient un revêtement de marbre. Epiphane voit aussi « deux grottes réunies [...] toutes dorées et peintes » (IXe-XIe siècle; ELS, 117).

Les marbres de l’abside de la Nativité comme ceux de la Crèche disparurent peu à peu et la roche affleura de nouveau, nue comme au moment de la naissance de Jésus: ainsi la voit Barthélemy de Salignac en 1518.

La paroi orientale de la grotte et, peut-être aussi, la voûte étaient ornées de mosaïques et de peintures. Jean de Wurtzbourg signale la présence d’une inscription latine de deux vers en mosaïque dorée (1165; ELS, 13 1):

Angelicae lumen virtutis et eius acumen hic natus vere Deus est de Virgine Matre.

(Lumière de la vertu angélique et son sommet ici Dieu est vraiment né de la Vierge Mère.)

A la même époque, Jean Phocas donne de nombreux détails de la mosaïque de l’abside (1177; ELS, 133,6): « Dans cette grotte, l’artiste a peint d’une main experte les mystères qui se sont accomplis en cet endroit [...] la Vierge couchée sur le lit, la main gauche sous le coude droit, le visage tourné vers la droite en direction du nouveau-né [...] L’âne, le bœuf, la mangeoire, le nouveau-né, le groupe des bergers [ ... 1 Le chien, animal plus vif :que les autres, semble admirer la scène insolite. Descendus de leurs chevaux, les mages, le genou plié, apportent avec déférence à la Vierge les présents qu’ils tiennent dans les mains. »

La fumée des cierges et des lampes à huile, de même que l’habitude d’attacher des tableaux, causèrent aux mosaïques des dommages irréparables. En 1461, Louis de Rochechouart voit entière la peinture de la voûte, mais ternie; en 1666, la pèlerine G. Brémond, tout en admirant le marbre du pavement et les incrustations de la partie inférieure des parois, doit constater que les mosaïques des parties supérieures et de la voûte sont noircies par la fumée.

Au cours des siècles, la grotte fut ornée et restaurée. En 1636, le P. Verniero note la présence de plusieurs peintures, parmi lesquelles une Nativité de l’école vénitienne (Palma le Jeune?). Cette œuvre échappa à l’incendie du 7 mai 1869 et ne fut que légèrement brûlée; elle est à présent conservée au couvent de la Flagellation, à Jérusalem.

2. Aujourd’hui

La grotte a donc toujours été localisée sous la basilique, avec laquelle elle communiquait au moyen d’un et, ensuite, de deux escaliers. La face extérieure des entrées remonte à l’époque des croisades, de même que les portes, qui doivent avoir subi pas mal de vicissitudes, puisque l’une d’elles est montée à l’envers. Sur les murs et les colonnettes des entrées sont gravées de nombreuses inscriptions de pèlerins, en latin, italien, arabe et arménien.

La grotte, où descendent directement les escaliers, a une forme plus ou moins rectangulaire (12,30 m sur 3,50) et conserve une certaine obscurité malgré la présence de 48 lampes (dont 21 appartiennent aux latins).

La roche primitive n’est visible que dans la courbe de la Crèche. Pendant les travaux de Justinien, les parois ont été rectifiées pour recevoir le placage de marbre qui allait les recouvrir du pavement à la voûte. Celle-ci est actuellement faite en maçonnerie, comme la petite abside de la Nativité, ménagée à l’est entre les deux escaliers, qui sont l’œuvre de Justinien. La décoration de la voûte a été en effet détruite par l’incendie de 1869 et la voûte elle-même, endommagée par le tremblement de terre de 1927.

De chaque côté de l’abside se dressent deux colonnes de pierre rose, semblables, à part les dimensions, à celles de la basilique. Ce qui reste de la mosaïque de l’abside est insuffisant, malgré la réparation de 1944, pour éclairer la description de Phocas. En bas sont conservées les lettres centrales de l’inscription latine « Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus ». Au-dessus de cette inscription, on pourrait apercevoir au centre la Vierge, la mangeoire représentée comme une boite, une partie du corps de l’Enfant Jésus, enveloppé de langes. Deux autres scènes montrent le bain du nouveau-né et l’annonce aux bergers.

Au pied de l’autel, l’étoile latine évoque la Nativité.

Le pavement et le plafond de la Crèche, c’est-à-dire du lieu de la mangeoire, sont plus bas que ceux du reste de la grotte. La voûte est soutenue par une colonne de pierre rose, dont la ligne ressemble également à celle des colonnes de la basilique. Cette partie de la grotte contient quatre autres colonnes: deux colonnes fines avec chapiteau, qui remontent à l’époque des croisades, et sur une desquelles nombre de pèlerins ont gravé des croix; une colonne de marbre blanc, dont la partie supérieure en torsade rappelle les colonnes des baldaquins; enfin, dans la partie intérieure de la Crèche, une colonne qui soutient le plafond de la grotte.

En face de la Crèche, un petit autel est dédié aux mages : c’est là que les latins célèbrent la messe.

Au-dessus de l’autel des Mages et dans le fond de la Crèche sont exposées deux toiles remarquables peintes à Jérusalem en 1875-1876 par Giovanni Baglioli, de Ravenne, et placées en 1885: une Adoration des Bergers et une Adoration des Mages (toile signée). G. Baglioli est aussi l’auteur de la Gloire placée en haut de la Crèche.

Le sol de la Crèche n’est pas original; ses nombreuses réparations s’expliquent bien par la grande usure consécutive au frottement des pieds des fidèles. Le sol de la grotte est couvert de dalles de marbre, qui ont dû autrefois être blanches.

Trois parois de la grotte sont revêtues d’une lourde couverture d’amiante, donnée en 1874 par le maréchal de Mac-Mahon, président de la République française, à la suite de l’incendie de 1869. (Les trous percés dans la couverture ne servent qu’au passage des cordes des lampes.) A la couverture, qui cache encore les marbres des croisés, sont suspendus des tableaux d’aucune valeur artistique. Autour de la Crèche et de l’abside de la Nativité pendent des tentures qui résistent difficilement à la fumée des cierges et aux mains des visiteurs; elles remplacent modestement les riches tapisseries latines qui ont embelli la grotte jusqu’en 1869.

Un mur de structure byzantine ferme à l’ouest la grotte de la Nativité. Il a donné naissance à un petit vestibule, dont la voûte est légèrement plus haute et le pavement légèrement plus bas. Sur la face occidentale de ce mur de séparation sont visibles des traces de peintures de saints, comparables à celles de la chapelle du campanile. Les petites croix et inscriptions gravées sur l’enduit attestent que le vestibule était autrefois visité. La présence de ce mur, qui a entraîné une légère diminution de la grotte, et celle de peintures font penser qu’en cet endroit on voulait commémorer un souvenir, probablement celui de saint Jérôme, de Paule et d’Eustochium.

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Created / Updated November, 2005 by John Abela ofm ,E.Bermejo, E.Alliata, M.A.Beaulieu, Marina Mordin
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